Pour en finir avec la congestion routière

Published: 2016-09-28


Il est 8h25, mercredi matin. On est 1,5 millions d’individus paralysés derrière le volant, seul et immobilisé. On va au travail, à l’université, enfin on essaie. En fait, on ne va pas vite et pas loin. Il semble qu’on soit très en paix avec le fait de signer l’accord de Paris sur le climat et de respirer le CO2 à grandes bouffées.

Les semaines de la mobilité battent leur plein, et pourtant, presque rien. Les bouchons prospèrent. Yves Desautels prononce le mot “catastrophique” plusieurs fois par jour. La congestion routière est devenue si banale, que comme le cancer, on se dit qu’il vaut mieux apprendre à vivre avec que le combattre.

Les dossiers de la nouvelle loi 100 sur le taxi et sur le projet de REM ont monopolisé l’attention du public récemment, mais je considère comme profondément inadmissible que l’on ne réussisse pas à s’attaquer une fois pour toutes cet enjeu de congestion routière. Le transport représente 43% des émission de GES et des pertes économiques hallucinantes.

Vous savez quoi? Tout le monde le sait, et tout le monde est d’accord. Montréal est entrain de basculer; les gens à qui je parle glissent de “rien ne peut battre mon auto” à “proposez-moi des options alternatives”. Le centre de Montréal a déjà réglé la question: L’auto-partage, le vélo-partage, le transport en commun et le taxi permettent déjà aux habitants du centre de l’ile de vivre sans auto.

La vraie question se pose pour les habitants du “beigne”, cette couronne un peu informe qui va de Côte St-Luc à l’Ile Bizard, de Saint-Laurent à St-Eustache, de Rosemont à Repentigny… Cette zone où il n’y a en fait que deux vrais choix: l’auto solo et le transport en commun, et encore.

C’est dans cette zone que se retrouvent les 1,5 millions de personnes, jeunes parents ou étudiants qui, de par les contraintes familiales ou professionnelles, se rabattent sur la solution la plus simple, fiable et prévisible: l’auto-solo.

La multiplication des agences de transport dans la grande région de Montréal, la réorganisation du cadre de gouvernance de ces agences et la fragmentation des pouvoirs décisionnels font du grand Montréal un endroit excessivement compliqué pour mettre en place des solutions innovantes et les tester.

La population demande de nouvelles solutions de mobilité et comprend qu’avoir une auto en banlieue le samedi, c’est bien, mais la prendre pour aller au travail ne l’est pas.

La CCMM a décidé de prendre des initiatives et proposer des projets pilotes pour désengorger le réseau routier. Employeurs et startups joignent leurs forces respectives pour s’attaquer à la mobilité des employés.

La combinaison des modes de transport est la clé et le dogmatisme militant du “tout au transport en commun” n’y fera rien. Le matériel lourd et ferroviaire est imbattable pour transporter de grandes masses de personnes sur les grands corridors et l’automobile joue un rôle essentiel dans les zones moins bien desservies par le transport en commun.

Netlift, en collaboration avec la Chaire de Mobilité de l’École Polytechnique, étudie la question du covoiturage intermodal depuis plus de 4 ans. Nous avons testé notre modèle à Mexico, dans le plus énorme bouchon de circulation de la planète. Notre solution a soulevé l’enthousiasme des grands groupes de transport d’Europe et des États-Unis.

Netlift atteint des taux de jumelage de plus de 90% en heure de pointe dans les arrondissements du Plateau Mont-Royal et de Rosemont, et des solutions sont actuellement en tests dans l’Arrondissement St-Laurent. Certains trajets entre la rive-sud et le Campus de l’Université de Montréal sont parfois 40% plus rapide en covoiturage intermodal qu’en auto-solo ou en transport en commun solo.

La congestion routière routière est intolérable et les grands discours sont insuffisants. Des solutions innovantes existent et le public veut les essayer. Il nous reste à défoncer la dernière porte: celle de la collaboration sincère entre les startups et les planificateurs en transport.

Categories: covoiturage, transport, transport en commun, commuting

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